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La visite pieuse (ziyâra) en Islam : pratiques croyantes, regards savants

Journée(s) d'étude - Jeudi 07 juin 2018 - 09:00Cette journée d’études est organisée dans le cadre du séminaire « Islam savant et islam populaire : contradictions et interactions. Une approche transdisciplinaire », Organisée par : Sepideh Parsapajouh - Mathieu Terrier Avec le soutien de l’IISMM, LEM, CéSorSéance I (9h00 - 12h00)Modérateur : Alexandre Papas (CETOBAC-Paris)Kabira Masotta (LEM-Paris) :La visite pieuse chez les premiers ascètes d’après la Hilyat al-awliyā’ d’Abū Nuʿaym al-Isfahānī :  entre itinéraire pèlerin et initiation au dikr de la mortNelly Amri (Université de la Manouba-Tunis) :« Par la médiation de son tombeau ». La visite pieuse (ziyâra) au Maghreb aux XIVe-XVe siècles entre croyance éprouvée et norme mouvanteSéance II (13h00 - 16h00)Modératrice : Meryem Sebti (Centre Jean Pépin-Paris)Mathieu Terrier (LEM-Paris) :L’islam populaire au prisme de la philosophie islamique : prière votive et visite pieuse chez Avicenne et dans le post-avicennisme iranien (XVIIe siècle)Sepideh Parsapajouh (CéSor-Paris) :Médiation et pouvoirs du texte dans la visite rendue à l’imâm Husayn. Etude anthropologique du contenu et des usages de quatre ziyârat-nâmeh shi’ites

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Ritualité en transition dans les mondes chiites

Journée(s) d'étude - Mercredi 06 juin 2018 - 10:00Cette journée d’étude est organisée dans le cadre du séminaire : « Culture matérielle et pratiques dévotionnelles dans les sociétés chiites » par Michel Boivin (CNRS-Ceias), Annabelle Collinet (Musée du Louvre), Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor)De l’Asie du sud et au Moyen-Orient, les mondes chiites sont aujourd’hui plus que jamais le théâtre de manifestations religieuses aux aspects les plus variés et les plus mouvants. Les sociétés chiites sont connues par leurs ritualités cérémonielles importantes, animées depuis le 16ème siècle, autour de la figure de l’Imam Husayn, et de nombreux travaux historiques, anthropologiques et sociologiques sur les terrains différents leur ont été déjà consacrés. Ces travaux classiques montrent à la fois la diversité de ces rituels et leur tronc commun. Toutefois, il semble que depuis les dernières décennies, en parallèle avec les conditions politiques et géopolitiques affectant ces sociétés (pakistanaise, indienne, iranienne, irakienne, libanaise et syrienne, pour n’en citer que quelques-unes) où la question religieuse est au premier plan, on assiste à un nouvel investissement populaire dans cette ritualité traditionnelle, plus ou moins encadré par la religion institutionnelle et les autorités politiques.Dans quelle mesure peut-on parler d’une transition rituelle dans ces mondes chiites d’aujourd’hui ? Comment peut-on analyser ces manifestations phénoménales ? Quelles sont les formes rituelles dominantes dans chacune de ces sociétés ? Peut-on parler d’un véritable changement de conduite rituelle ? S’agit-il aussi d’un changement de sens derrière l’évolution de leurs formes ? Entre une religion savante et institutionnellement définie, les régimes politiques plus ou moins religieux et les simples croyants plus ou moins engagés, qui sont les véritables acteurs de ces changements ? Par quel processus ? Quelles figures (mythiques, historiques, théologiques, politiques), mémoires et motifs, sont à l’origine de cette transition ? Et enfin, existe-t-il une circulation de modèles rituels entre ces différentes aires culturelles dans ces changements ?La problématique de cette rencontre ressort d’une hypothèse qui a émergé à partir des observations et des recherches récentes sur des aires culturelles diverses, et qui nous a motivé à envisager une journée d’étude pour rassembler les spécialistes de différentes disciplines (anthropologie, géographie, histoire et sociologie) et aires culturelles, afin de croiser les résultats des travaux et à réfléchir ensemble autour de la question d’une éventuelle transition rituelle au sein des chiismes. Programme10h - Mot de bienvenue :Corinne Lefèvre, co-directrice du Ceias et Nathalie Luca, directrice du CéSorModératrice : Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor)10h15 - Introduction : Michel Boivin (CNRS-Ceias)10h30 - Sabrina Mervin (CNRS-CéSor)Objet, espace, temps : enquêtes multisituées des rituels de Muharram 11h15 Pause Café11h30 - Mohsen Hessam Mazâheri (Téhéran, Université Azad Islamique, Unité de Sciences et de Recherches)« Âshourâ immobile » et « âhourâ en mouvement ». Quelques réflexions sur les modèles organisationnels des rituels de Muharram en Iran depuis la période Qajar      12h14 - Jabbar Rahmani (Tehran, Institut for Social and Cultural Studies)Changes in the status of women in the mourning rituals of Muharram. University, feminizing public sphere and religious rituals13h DéjeunerModérateur : Michel Boivin (CNRS-Ceias)14 h15 - Zahir Bhalloo (DRS post-doctoral fellow, Freie Universitat Berlin)The marsiyeh in Sindhi among the Lawatiya Shia of Oman15h - Aude Aylin de Tapia (IDEMEC)De la plurireligiosité à la pluriconfessionnalité : (re-)configurations des pratiques du croire en Anatolie rurale de la fin de l’Empire ottoman à la République de Turquie (XIX-XXe s.)15h45 Pause café Modératrice : Annabelle Collinet (Musée du Louvre)16h - Delphine Ortis (INALCO)Pour une nouvelle approche de la sainteté : le rôle des rituels dans la fabrication des saints16h45 - Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor)La ville de Qom et le sanctuaire de Fâtemeh Ma’sumeh. Les rites et leur espace-temps  17h30 - Conclusion : Annabelle Collinet (Musée du Louvre) 

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Projection du film documentaire « Inner Mapping »

Projection-débat - Vendredi 15 juin 2018 - 18:00 Inner Mapping expérimente les limites territoriales de l’occupation en Palestine. Ici, chacun de nous porte sa propre frontière. Le guide de ce drôle de road movie est le GPS palestinien. Banal, global, il est acculé par un contexte d’exception. Rouler avec le GPS, c’est vivre une carte absurde.Voir la bande-annonce du filmLe vendredi 15 juin 2018, l’IISMM propose une projection du documentaire de Stéphanie Latte Abdallah et Emad Ahmad, Inner Mapping, suivie d’un débat en présence de Stéphanie Latte Abdallah (chargée de recherche, CNRS/CERI-SciencesPo), Agnès Devictor (maître de conférences, Université de Paris 1) et Thomas Richard (chercheur associé, Université Clermont Auvergne), et animé par Véronique Bontemps (Chargée de recherche, CNRS/IRIS-EHESS).Inner Mapping expérimente les limites territoriales de l’occupation israélienne en Cisjordanie. Selon qui vous êtes, la voiture que vous conduisez, vos circulations sont distinctes, parallèles. Le pays devient le réseau de routes, de chemins que vous pouvez emprunter. Le guide de ce drôle de road movie, le GPS palestinien, est concret, technologique, graphique. Banal, global, il est acculé par un contexte d’exception. Rouler avec le GPS, c’est vivre une carte absurde. Chacun de nous, de ceux que nous rencontrons, portent leur propre frontière. Nous regardons le dedans avec la caméra du chef opérateur, mais aussi, en continu, le dehors avec trois caméras Go Pros installées sur la voiture. Avec ce dispositif, nous filmons la cassure entre le territoire d’une continuité perdue, celui d’une Palestine rêvée et politique, et la Palestine du quotidien : la Cisjordanie des déplacements possibles, du GPS, coupée en deux cartes, israélienne et palestinienne.(Film documentaire, Palestine/France, 51’ © Emad Ahmad-Studio 5 Audio Visual Production / CNRS Images, 2017)Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

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Conférence publique de l'IISMM

Conférence - Mardi 05 juin 2018 - 18:30Mardi 5 juin 2018 de 18h30 à 20h30La modernité en AfriqueJulien Bondaz, Anthropologue, Maître de conférences, Université Lumière Lyon 2, LADEC « La modernité en Afrique comme concept et comme imagination ».

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Rencontre autour de l’ouvrage de François Pouillon (EHESS)

Conférence - Mardi 29 mai 2018 - 18:00Rencontre autour de l’ouvrage de François Pouillon (EHESS), Bédouins d'Arabie. Structures anthropologiques et mutations contemporaines, Karthala, Collection Terres et gens d’IslamLe mardi 29 mai 2018 à 18h - EHESS, Salle de réunion de l'Institut des mondes africains (IMAF 2ème étage) 96, Boulevard Raspail 75006 Paris Présidence : Bernard Heyberger, responsable de la collection ISMM/Karthala « Terres et gens d’Islam » Discutants : Léon Buskens, Institut néerlandais au Maroc (Rabat) & Université de Leyde et Gabriel Martinez-Gros, Université Paris XParce que l’on ne s’y est risqué que difficilement, parce que ceux qui en sortaient furent souvent assez dépenaillés et parfois même violents, les déserts arabes sont peuplés de fantasmes. Pourtant l’histoire atteste que les gens qui s’y trouvaient s’y sont avancés en cherchant à exploiter au mieux un espace rébarbatif, par le mouvement qui permet de répondre à la précarité et à l’aléa. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne l’ont volé à personne ! Ces nomades, poètes réputés parce que la poésie est une chose légère à transporter, sont néanmoins l’objet des fables les plus extravagantes.Fruit d’enquêtes conduites en Arabie saoudite au tournant des années 1980 et de travaux sur ce thème dans le cadre de l’EHESS, ce recueil entend proposer une image d’ensemble sur un groupe social qui occupe une place à part mais pourtant fondatrice dans le monde arabe. Les Bédouins, ces éleveurs nomades qui, dans la péninsule Arabique et au-delà, habitent la célèbre tente noire, véhiculent des valeurs centrales dans l’Islam (solidarité de groupe, sens de l’honneur, hospitalité) et, en même temps, pugnacité guerrière, religiosité suspecte et refus de tous les pouvoirs établis, ce qui leur a été souvent reproché.Mettant au jour des aspects contrastés et pourtant bien réels d’une société soucieuse surtout de se maintenir dans des environnements, tant naturels que politiques, extrêmement hostiles, ce livre montre aussi comment les Bédouins ont su s’adapter aux conditions d’une modernisation technologique et économique. Il entend restaurer l’image d’un monde aux dimensions humaines, inscrit dans l’histoire et confronté à des forces qui ont réussi à le réduire, sans jamais le soumettre.François Pouillon est anthropologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Après une vingtaine d’années passées à enquêter sur les sociétés pastorales (Tunisie, Arabie, Sénégal), il a travaillé sur l’élaboration des représentations sociales appliquées au monde de l’Islam méditerranéen.   

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Histoire du droit islamique moderne

Journée(s) d'étude - Jeudi 17 mai 2018 - 09:00Cette journée d’étude porte sur les cultures et les patrimoines juridiques et normatifs des mondes musulmans et sur leurs transformations du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, suite à l’émergence et à l’universalisation d’un langage juridique positiviste particulier, sous l’effet de la pression impérialiste ou par un processus d’intégration volontaire. Elle analysera les pratiques liées aux phénomènes d’adaptation, d’hybridation et d’innovation juridiques dans le cadre d’un monde « glocalisé », c’est-à-dire sujet à la double dynamique de la globalisation et de ses traductions locales. L’hypothèse principale soutient que l’influence des concepts européens a abouti à une entreprise sans précédent de relecture positiviste de la charia islamique. Les différentes interventions combineront enquêtes historiques et ethnographiques, d’une part, et considérations théoriques, de l’autre, pour documenter cette « positivisation » de la charia et sa traduction dans le droit et la science du droit. LieuUniversité Paris Descartes, salle des thèses45 rue des Saints Pères75006 Paris Date17 mai 2018 de 9h à 18h OrganisateursNathalie Bernard-MaugironJean-Philippe BrasMarième N’DiayeBaudouin Dupret Cette journée d’études est organisée dans le cadre du séminaire de l’IISMM « Introduction au droit musulman : les transformations de la normativité islamique depuis l’expédition d’Égypte » Professeurs invités de l’EHESSDes professeurs invités sur la chaire de l’IISMM interviennent lors de cette journée :Léon Buskens, professeur à l’Université de Leyde (Pays-Bas) et directeur de l’Institut néerlandais du Maroc (NIMAR)Gianluca Parolin, professeur à l’Institut pour l’étude des civilisations musulmanes, Université Aga-Khan, LondresAmr Shalakany, professeur à l’Université américaine du Caire, professeur invité à Princeton Programme9h-9h30 : Accueil9h30-10h :Baudouin Dupret : Introduction – La positivisation du droit10h-10h30 :Gianluca Parolin: “The Vertigo Effect of an Empty Shell: Muwāṭāna from Woe to Fetish”10h30-11h :Moussa Abou Ramadan : « Pourquoi le madhhab chaféite est le meilleur madhhab selon le cheikh al-Azhar al-‘Arusi (m.1870) ? »11h-11h30 : Pause café11h30-12h :Marc Aymes : « Le travail de l’interrogatoire : ethnographie d’un faire-parler »12h-12h30 :Léon Buskens : « Du patrimoine coutumier berbère au Maroc. Des découvertes coloniales aux renaissances postcoloniales »12h30-14h : Déjeuner14h-14h30 :Mohammed Mouaqit : « Hétéronomie islamique et Etat national positiviste : La ‘raison fiqhiste’ sous contrainte d’ajustement »14h30-15h :Nabil Mouline : « La codification de la sharî‘a en Arabie Saoudite : jeux et enjeux »15h-15h30 :Nathalie Bernard-Maugiron : « Fiqh, lois et tradition : Garde et intérêt de l’enfant en Egypte »15h30-16h : Pause café16h-16h30 :Samer Ghamroun : « Lorsque la concurrence judiciaire renouvelle la référence au droit musulman : le cas de la protection des mineurs au Liban »16h30-17h :Amr Shalakany: “Comparative Law as Archeology: Shari’a, Sodomy, and the Human Rights Activist”17h-17h30 :Jean-Philippe Bras : Conclusions RésumésMoussa Abou Ramadan (Université de Strasbourg)Pourquoi le madhhab chaféite est le meilleur madhhab selon le cheikh al-Azhar al-‘Arusi (m.1870) ?Alors que l’empire ottoman et l’Égypte commencent dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle un processus accéléré de modernisation du système juridique, on pourrait penser que la question de l’attachement militant à une école juridique (ta‘asub madhhabi) était le fruit du passé. D’une manière étonnante, le cheikh al-Azhar al-‘Arusi (m.1870) reprend, dans une épitre, les arguments de Juwayni (m.1085) pour montrer la supériorité du madhhab chaféite sur les autres madhhabs. Après avoir analysé les arguments du cheikh al-‘Arusi pour soutenir sa thèse, j’essaierai de dessiner les rapports de force entre les madhhabs en Égypte, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, pour comprendre les raisons derrière la réécriture de l’épitre.Marc Aymes (CNRS, CeTOBAC)Le travail de l’interrogatoire : ethnographie d’un faire-parlerÉté 1844 : un groupe de faux-monnayeurs d’Istanbul est soumis à interrogatoire. Là où la plupart des documents consignés par l’administration n’offrent généralement que des paraphrases, ici de longs procès-verbaux retranscrivent l’interlocution orale entre les suspects et leurs juges. Comparution après comparution, ils battent la cadence d’une technique inquisitoriale éprouvée : interrogatoires individuels alternent avec des confrontations entre prévenus, la menace verbale avec la violence physique. Lu dans son ensemble, le dossier permet ainsi d’analyser les opérations du droit mobilisées par les autorités, entre incrimination collective et individualisation des peines, tout en laissant entrevoir les capacités et les compétences dont les gouvernés sont capables dans la mise en œuvre des savoir-faire juridiques et politiques. Les faussaires, comme on sait, font les meilleurs critiques.Nathalie Bernard-Maugiron (IRD/CEPED)Fiqh, lois et tradition : Garde et intérêt de l’enfant en EgypteInvoquant tout à la fois le droit égyptien, le droit international et le fiqh, les juges égyptiens affirment prendre en compte l’intérêt de l’enfant dans leurs décisions d’attribution de la garde en cas de séparation des parents. La présente contribution s’attachera toutefois à montrer que l’interprétation donnée à ce concept par les tribunaux égyptiens continue de reposer sur une conception traditionnelle de la distribution des rôles entre les parents, que les réformes successives du droit de la famille n’ont pas réussi à effacer. La justice égyptienne ne cherche en effet que rarement l’intérêt réel de l’enfant et part du principe que son intérêt est d’être élevé par sa mère dans ses plus jeunes années. Cette présentation montrera aussi comment le fiqh « positivé » et le langage juridique moderne coexistent dans les décisions de ces juges séculiers et comment cette interaction peut quand même être source d’évolutions du droit.Léon Buskens (NIMAR/Université de Leiden à Rabat)Du patrimoine coutumier berbère au Maroc. Des découvertes coloniales aux renaissances postcolonialesLe projet colonial impliquait la transformation des coutumes en « droit coutumier ». Des administrateurs coloniaux, hommes politiques et savants considéraient que les coutumes reflétaient les « valeurs authentiques » des « populations indigènes ». Le respect pour ces coutumes et leur élévation au niveau de droit étaient des mesures pour garantir l’ordre social. Dans les sociétés du monde musulman, les chercheurs comprenaient souvent ces coutumes comme en opposition avec un « droit musulman » imposé tardivement. Cette approche s’est révélée fondamentale dans la « politique berbère » du Protectorat français au Maroc, qui atteignit son apogée avec la promulgation du dahir berbère, en 1930. Nationalistes marocains et musulmans de pays aussi lointains que l’Indonésie manifestèrent vivement contre cette politique coloniale consistant à « diviser pour mieux régner ». Après l’indépendance, la question du « droit coutumier » devint un sujet tabou. Avec la genèse d’un mouvement des « Imazighen » depuis la fin du siècle dernier, des activistes et des intellectuels manifestèrent un nouvel intérêt pour ce « droit coutumier », en l’utilisant pour des buts assez divers, comme la création d’une identité ethnique ou la formulation de revendication sur des droits immobiliers et des ressources naturelles.Samer Ghamroun (Univ. St-Joseph, Beyrouth)Lorsque la concurrence judiciaire renouvelle la référence au droit musulman : le cas de la protection des mineurs au LibanLa référence à l’Islam dans le travail des juristes libanais n’est pas imposée ou même encouragée par la Constitution de 1926 ou par la loi. L’État libanais contemporain se veut laïque, et son droit et sa justice maintiennent une égale distance à l’égard des autorités religieuses reconnues, qui se contenteraient ainsi de gérer le statut personnel où chaque communauté produit et applique son propre droit dans ses tribunaux. Derrière ce paysage consensuel où les normes islamiques devraient être principalement cantonnées au droit de la famille des communautés musulmanes, des logiques judiciaires concurrentielles se sont installées ces dernières années au Liban. Leur principal théâtre ? Une nouvelle justice civile des mineurs entrainée pendant un moment dans une course contre les tribunaux de la charia pour la protection des enfants en danger. Cette concurrence judiciaire (sur les standards de protection, les critères d’intervention, etc.) fait émerger des références inattendues aux normes islamiques, aussi bien du côté des juges civils cherchant à légitimer leurs ingérences dans le domaine de la famille laissé aux communautés depuis le 19ème siècle, que du côté des juges religieux obligés de renouveler leurs références au droit musulman pour essayer de les adapter aux exigences nouvelles des expertises et normes sociales et médicales de plus en plus mobilisées dans les questions familiales au Liban.Mohammed Mouaqit (Université de Casablanca)Hétéronomie islamique et Etat national positiviste : La « raison fiq’histe » sous contrainte d’ajustementEn tant que normativité externe à son pouvoir de légifération, la normativité islamique constitue un défi à la « logique » monopolistique étatique. Les tensions qui naissent du dualisme de la normativité religieuse et de la normativité positive sont significatives de cette dynamique. Un aspect de cette dynamique consiste dans l’ajustement de la raison fiq’histe au cadre positiviste de l’Etat national. L’hypothèse de la contribution est que la réalité historique de l’Etat national et la réalité de l’Etat comme cadre positiviste de normativité sont à un certain degré intégrées ou en voie d’intégration par la « raison fiq’histe ». L’ajustement de la « raison » fiq’histe au positivisme étatique se révèle par divers aspects de son fonctionnement. Cet ajustement illustre l’ « opportunisme » de la raison fiq’histe et s’opère sous la forme de la méthodologie des « Maqâçid al-sharî’a ». La promotion de cette méthodologie de « l’esprit des lois » ou méthodologie herméneutique téléologique correspond à un contexte de post-« salafisme réformiste ». Ce processus porte en définitive la signification de l’échec de l’hétéronomie islamique, dont le cadre étatique positiviste en reste encore hypothéqué.Nabil Mouline (CNRS, CJB)La codification de la sharî‘a en Arabie Saoudite : jeux et enjeuxDepuis le début du XXe siècle, les débats sur la codification des normes juridiques déduites de la sharî‘a (tadwîn al-râjih min aqwâl al-fuqahâ’, appelé communément taqnîn al-sharî‘a) sont vifs en Arabie Saoudite. Si une bonne partie de l’élite politique, notamment la famille royale, est favorable à ce processus de « modernisation », la majorité des gardiens de l’orthodoxie wahhabite n’y voit qu’une innovation blâmable (bid‘a), qui risquerait d’affaiblir son autorité idéologique et remettre en cause la centralité de la sharî‘a dans l’espace public. Pour contourner le « piège » de la codification, les membres de l’establishment religieux ont, très tôt, élaboré une stratégie adaptative que nous nous proposons aujourd’hui de décrire, d’analyser et de mettre en perspective.Gianluca Parolin (ISMC, Agha Khan University)The Vertigo Effect of an Empty Shell: Muwāṭāna from Woe to Fetish.The history of modern Islamic law is usually narrated along the lines of its displacement from the centre of the legal system (from the marginalisation of qadi jurisdictions onwards), or those of its reform devices (from the rejuvenation of Imperial fiqh theories downwards). The creeping hegemonic effects of the new Hartian paradigm on the modern articulations of Islamic law are often simply alluded to, and the allusions tend to be confined to legal hermeneutics. Yet, there are a few cases of contemporary Islamic law plainly appropriating elements of the Hartian paradigm—this is the case of muwāṭana (citizenship). The paper follows how attitudes towards the concept changed since the early 20th century, from a principled rejection all the way to its full appropriation. In the process, the paper will focus on how the hegemonic consensus on what muwāṭana means was constructed, i.e. how its scope was significantly narrowed and mutilated. Looking into muwāṭana’s (now empty) shell, the paper explores the anxiety of Islamic law scholars looking into the abyss as they face the challenge of substantiating muwāṭana while staying true to their dogmas.Amr Shalakany (American University in Cairo)Comparative Law as Archeology: Shari’a, Sodomy, and the Human Rights ActivistShari’a was formally recognized as a field of comparative law during the First Hague Congress of 1934. Codification had by then become the instrument of choice for Arab lawyers interested in the progressive reform of the region’s legal norms, and one can therefore understand the field’s propensity to assess the continued relevance of Islamic law by examining the religious origins of codified norms across regional legal codes. Yet this approach also bears a cost: it cabins Islamic law into codified norms, ignoring the rich multi-vocality of the legal tradition and offering us little insight on how it may continue to inform projects of legal reform today. Instead, I argue the need for an archeological approach to the region’s legal systems, one that takes account of the foreground norms contained in postcolonial codifications but pays equal attention to how these codes interact with the pre-colonial legal norms. This approach might allow comparative law to be more helpful in understanding the contemporary relevance of Shari’a as contested term, as well as provide the human rights activist with an extra bundle of legal tools that cross between the hybrid Civilian present and the pre-colonial Islamic past of Arab legal systems. To illustrate this argument, I focus on the Egyptian legal system and offer a comparative study of the legal regime governing sodomy under Islamic law, ensuing British colonial legal reforms on the subject, and finally the present postcolonial legal order.

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Projection-débat de « Grands soirs et petits matins »

Séance spéciale de séminaire - Mercredi 09 mai 2018 - 15:00Projection-débat dans le cadre du séminaire Europe-Monde Arabe : histoire croisée des espérances révolutionnaires durant les années 1960-70s de : « Grands soirs et petits matins », film de William Klein (1968, 98 mn) Le 9 mai 2018 de 15h à 19h à l'EHESS - Amphithéâtre F. Furet, 105 Bd Raspail 75006 Paris Entrée libre Intervenantes :Ludivine Bantigny (Université de Rouen)Circulations révolutionnaires dans la France de Mai 68Laure Guirguis (IREMAM, Aix-en-Provence)

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Projection du film documentaire "Nos Plumes" de Keira Maameri

Projection-débat - Vendredi 22 juin 2018 - 18:30Le vendredi 22 juin 2018, l’IISMM propose une projection du documentaire de Keira Maameri, Nos plumes, suivie d’un débat en présence de la réalisatrice Keira Maameri et de Hala Jalloul-El Mir (IISMM).Nos plumes dresse les portraits croisés de cinq (...)(...)

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Ritualité en transition dans les mondes chiites

Journée(s) d'étude - Mercredi 06 juin 2018 - 10:00Cette journée d’étude est organisée dans le cadre du séminaire : « Culture matérielle et pratiques dévotionnelles dans les sociétés chiites » par Michel Boivin (CNRS-Ceias), Annabelle Collinet (Musée du Louvre), Sepideh Parsapajouh (CNRS-CéSor)De (...)(...)

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La visite pieuse (ziyâra) en Islam : pratiques croyantes, regards savants

Journée(s) d'étude - Jeudi 07 juin 2018 - 09:00Cette journée d’études est organisée dans le cadre du séminaire « Islam savant et islam populaire : contradictions et interactions. Une approche transdisciplinaire », Organisée par : Sepideh Parsapajouh - Mathieu Terrier Avec le soutien de l’IISMM, (...)(...)

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